La tension monte sur les quais du Guilvinec, où depuis plusieurs semaines, la chute régulière des prix inquiète les professionnels de la pêche. Ce vendredi, Loïg Chesnais-Girard, le président de la région Bretagne, est venu apporter son soutien à une filière frappée par la crise.

«La pêche subit à la fois la crise du Brexit qui est bien là avec un impact profond sur la filière et surtout la crise aiguë de la covid-19 avec un écroulement des prix qui s’opère en raison de la perte d’un certain nombre de marchés et de la fermeture des restaurants et des cantines », émet Loïg Chesnais-Girard, président de la région Bretagne. Il pointe aussi la responsabilité de certains partenaires de la grande distribution et le rôle à jouer par le consommateur pour sortir d’un triptyque infernal « cabillaud, saumon, crevette », des produits « exotiques », bien loin de soutenir la pêche locale.

Un mécanisme de régulation des marges demandé

Un dispositif de régulation qu’Olivier Le Nézet, président du Comité des pêches maritimes de Bretagne, a également appelé de ses vœux. « Les professionnels qui partent en mer sont en attente, au retour de leur marée, d’avoir un juste prix de vente de leurs produits, notamment les navires hauturiers qui sont la colonne vertébrale de la pêche en Bretagne », a-t-il défendu. Sur les chiffres d’affaires réalisés par grandes enseignes de supermarchés, Yannick Calvez, président du comité des pêches du Finistère, se montre quant à lui très critique. « Elles écoulent les trois quarts de la production. Il devient insupportable d’entendre leurs discours toujours polis et lissés quand rien ne change sous la criée », invoque-t-il en soulignant que la marque pavillon France est loin d’être toujours mise en avant dans les différents magasins.

« À moyen et long terme, il y a un avenir pour la pêche et il faut continuer à investir dans la formation mais aussi de nouveaux bateaux. »Loïg Chesnais-Girard, président de la région Bretagne.

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