Les importations à bas prix inondent le marché et secouent fortement la filière bretonne.

La conjoncture économique liée à la crise sanitaire continue de peser lourdement sur le marché des produits de la mer. Le vendredi 23 avril, le président du conseil régional de Bretagne Loïg Chesnais-Girard ainsi que Breizhmer présidé par Olivier le Nezet se rendront au Guilvinec pour dialoguer avec les hauturiers et échanger sur les solutions à la crise.

Cette visite sera l’occasion d’aborder le sujet préoccupant de l’augmentation des importations des produits de la mer qui inondent les étals français.

  • Les cours des ventes sous criée demeurent à un niveau très bas : 13 % de réduction en valeur débarquée depuis le premier confinement en 2020. Avec un prix moyen un peu au-dessus de deux euros le kilo pour la lotte, la frustration est grande au sein des équipages alors que les cours ne sont pas forcément répercutés sur les étals et que les GMS (Grandes et Moyennes Surfaces) annoncent + 30 % de ventes en rayon poissonnerie.
  • Le saumon, le cabillaud et la crevette continuent d’être les espèces les plus consommées dans l’Hexagone. Au rayon frais, ces 3 espèces représentent plus de 40% des ventes. Pourtant, aucun de ces produits n’est issu d’une production locale et durable ; ils proviennent à 97 % de l’importation. 

Que faire face à l’augmentation grandissante des importations des produits de la mer ?

La filière des produits de la mer bretons est très variée : lotte, sardine, merlu, crabe, coquille Saint-Jacques, huître, moule, algue… Elle s’adapte en fonction des saisons de pêche, du milieu marin et des quotas qui lui sont alloués. Elle commercialise des espèces issues d’une exploitation durable.

Pour informer les consommateurs, Breizhmer, les comités des pêches et les organisations de producteurs de Bretagne appellent les GMS à prendre 3 engagements :

– Plus de transparence sur les prix de commercialisation des produits du bateau à l’étal, du prix d’achat au prix de vente,

– Une meilleure valorisation de la diversité des produits français et bretons pour sortir du triptyque saumon, cabillaud et crevette,

– Une généralisation des marques d’origine France afin de pouvoir faire la différence entre la production des navires français et les importations.

Comme les autres filières de l’alimentation, l’avenir de la pêche passe par un circuit de commercialisation responsable et par le choix des consommateurs.